INTER/INTRA

Supervision clinique: Entraînement et approfondissement de la pratique évaluative

La pratique de l’évaluation des situations familiales en protection de l’enfance mobilise une responsabilité importante et constitue une source de stress. L’évaluation nécessite le déploiement de capacités d’observation, d’analyse et de synthèse, dans une vision systémique. L’évaluateur doit être capable d’apporter une aide à la décision, et de permettre des choix informés et argumentés. Le travail en supervision, individuel ou en groupe, à partir de cas concrets, lui apporte la sécurité et la rigueur de la démarche, l’aisance de l’argumentation, l’assurance dans les préconisations qu’il proposera.
La supervision clinique permet de mettre au travail l’ensemble des opérations critiques (observation, analyse, jugement, intervention) par lesquelles un professionnel vise à améliorer la qualité de ses actes professionnels et à assurer la plus grande cohérence possible entre les référentiels (théories et méthodes d’intervention) et les pratiques. La supervision clinique s’adresse à des personnes, des groupes ou des équipes et développe les capacités de positionnement et d’engagement soutenant la responsabilité professionnelle. Les principes de la supervision clinique sont la réflexion, l’intégration et la conceptualisation de contextes professionnels complexes. La méthodologie s’appuie sur des études de cas issus de situations concrètes et quotidiennes. La supervision clinique est un support efficace de développement professionnel, une base de ressourcement qui permet d’éviter de demeurer isolé face à des situations complexes. L’accompagnement d’un superviseur permet d’établir une distance pour faire progresser ses pratiques et ces rencontres constituent un lieu privilégié d’analyse et de soutien (STOLTENBERG, 1987).


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Objectifs

La supervision peut prendre différentes formes en fonction des besoins et des attentes identifiés entre superviseur et supervisé.
•    Individuelle
•    De groupe
•    Partage clinique ou co-développement


Dans tous les cas, le processus de supervision peut se centrer sur l’acquisition de connaissances (supervision formative), le développement de nouvelles attitudes (monitorat), l’amélioration de ses interventions ou encore le renforcement du lien entre les aspects théoriques et l’intervention pratique. Le superviseur apporte le soutien nécessaire au supervisé pour l’atteinte de ses objectifs de développement professionnel en établissant une entente de supervision.

LA SUPERVISION NÉCESSITE UN CONSENTEMENT LIBRE ET ÉCLAIRÉ

Afin d’obtenir du supervisé un consentement libre et éclairé aux services qui lui seront offerts, le superviseur présente ses services pouvant prendre la forme d’un programme de supervision. À cet effet, il peut établir un contrat formel, ou à défaut en convenir verbalement avec le supervisé, spécifiant les modalités professionnelles et administratives sur lesquelles les deux parties se mettent d’accord. Le superviseur fait notamment état des buts, des objectifs et des bénéfices escomptés, des compétences visées, de l’orientation théorique préconisée, de la nature ou du type de supervision, de la démarche, des activités projetées et des obligations déontologiques liées à la pratique. Lorsque le mandat implique l’évaluation du supervisé, le superviseur devra présenter les modalités qui en permettent la réalisation de façon rigoureuse (les critères de succès, les modes d’évaluation privilégiés, les échéanciers, le cas échéant le destinataire à qui pourront être transmis les rapports de supervision et autres).

LA SUPERVISION NÉCESSITE LA CONFIDENTIALITÉ

Tout d’abord, le superviseur doit protéger la confidentialité des informations qui lui sont confiées par le supervisé. Pour sa part, le supervisé ne dévoile pas, sans autorisation, l’identité d’un usager/client lorsqu’il consulte ou se fait superviser. Il s’assure aussi que les informations qu’il transmet au superviseur ne permettront pas, indirectement, l’identification de l’usager. Enfin, en situation de supervision de groupe, le superviseur informe les supervisés de la possibilité que soit révélé un aspect quelconque de la vie privée de l’un ou l’autre d’entre eux ou d’un tiers, en l’occurrence les usagers/clients des supervisés.

Contenus

Comment superviser ? Trois situations sont communément retrouvées :

  •  En stage (intra/inter)
  •  En entretien individuel
  • En groupe de pairs
En stage: Au sein du service, les situations concrètes sont des opportunités pour apprendre. Ainsi la supervision peut permettre de :
•    Démontrer, expliquer et questionner les professionnels auprès des personnes accueillies et accompagnées ;
•    Guider l’apprenant au cours d’une tâche, en s’assurant de sa compréhension à chaque étape, et certifier qu’il applique ce qu’il a appris ;
•    Observer un professionnel en action et reconnaître ses difficultés. L’observation doit s’accompagner d’une réflexivité (analyse réflexive de l’action), qui peut permettre au professionnel :
o    De se rappeler les implications pratiques attachées à l’action en cours,
o    De se rappeler les règles et les principes impliqués dans le processus (renforcement des savoirs),
o    De réfléchir au milieu d’une activité avant de poursuivre.
•    Il importe de saisir ce qui fait problème (processus de résolution de problème), cette démarche amène le professionnel à reconstruire ses connaissances déclaratives et à appliquer ses connaissances procédurales (comment faire) et conditionnelles (quand et pourquoi). Le professionnel doit ici « reconnaître, comparer, analyser, organiser, inférer, juger, intégrer, abstraire, faire des hypothèses, généraliser ». C’est à partir des connaissances particulières au problème étudié que le professionnel s’en fera une représentation et qu’il concevra un scénario de résolution (voir, contextualisation, dé-contextualisation, re-contextualisation)

En entretien individuel : Il peut être régulièrement planifié, pour discuter d’un cas clinique, d’un doute dans une conduite à tenir, ou d’une situation anxiogène. La supervision sert à identifier et clarifier des points précis. Cela encourage le professionnel à explorer ses modes de raisonnement et ses réactions à propos de la pratique professionnelle. Dans la pratique de la supervision, il est important de privilégier les questions indirectes, dans le but de valoriser l’action du professionnel.

En groupe de pairs : L’intervention vise à rendre les professionnels plus réflexifs. A tour de rôle chaque participant est invité à faire part d’une expérience clinique à ses pairs. Chaque membre du groupe discute et enrichi, complète la conduite à tenir exposée. Cette méthode explore différentes propositions de conduite à tenir. C’est aussi une excellente occasion d’y adjoindre une réflexion sur les recommandations de bonne pratique.
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